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01 juin 2010
DU COEUR et de la tête !
DU COEUR et de la tête !
Portrait d’entreprise - Lorraine Nadon Fines herbes
Oeuvrant à St-Lin-Laurentides, Lorraine Nadon est une productrice de légumes et fines herbes chevronnée qui a s [+] lire au complet
Œuvrant à St-Lin-Laurentides, Lorraine Nadon est une productrice de légumes et fines herbes chevronnée qui a su s’adapter aux nouveaux courants et dont les produits frais ornent les plus belles assiettes du Québec. Rencontre avec une femme d’exception, une femme d’affaires certes, mais guidée par sa passion.
« Mon père disait qu’avoir une ferme, c’était avoir de la misère. Ne souhaitant pas que ses filles connaissent ces tracasseries, il nous a incitées à aller à l’école pour apprendre d’autres choses… » Mais quoi qu’en pense le paternel, la passion habitait déjà Lorraine Nadon qui a fait à sa tête… en suivant simplement son cœur. Et c’est très jeune que cette fille de producteurs a plongé dans l’entreprise familiale. Elle avait à peine 7 ans à son premier jour de travail : « Ça fait 42 ans que, de la St-Jean-Baptiste à l’Halloween, je passe plusieurs nuits par semaine au Marché Central à Montréal pour y vendre nos produits. Je me lève vers 23 h 30 pour être au marché vers deux heures du matin et je m’arrête faire quelques livraisons en cours de route. Encore aujourd’hui, même si mon père est décédé, c’est avec ma mère de 72 ans et avec mon conjoint, qui s’est joint à l’entreprise il y a une douzaine d’années, que je fais rouler la ferme », raconte-t-elle, enthousiasmée.
De la tomate aux fines herbes
« Au début, mes parents cultivaient principalement des tomates et des fraises. Mais lorsque j’ai commencé à m’impliquer un peu plus dans l’entreprise, j’ai vite réalisé que la compétition était grande et qu’il fallait se démarquer pour survivre. Il y a 27 ans, donc, j’ai décidé de me mettre à cultiver des fines herbes. Nous avions déjà des clients italiens et grecs. Puisque ces derniers consomment beaucoup de fines herbes, je me suis dit que ça allait être viable comme culture. Or les gens de mon entourage n’y croyaient pas vraiment, pas même le MAPAQ qui n’avait pas osé subventionner mon projet. Certains me disaient carrément que c’était une aventure casse-gueule ! Heureusement, mes parents, eux, y ont cru. Mon père ne m’a pas prêté d’argent, mais il m’a prêté sa machinerie, m’a offert un lopin de terre et, surtout, il m’a donné son temps et partagé son expérience. J’ai donc commencé par le persil — pour satisfaire mes clients italiens — et me voilà avec plus de 25 variétés à ce jour. C’est ce que j’appelle une réussite et c’est ma plus grande fierté jusqu’à maintenant. »
L’heure est au changement
Ces derniers temps, madame Nadon a songé à laisser totalement de côté sa production de fines herbes : « Le milieu des fines herbes est déjà saturé, il est temps de passer à autre chose », affirme celle qui, par ailleurs, remarque que les Québécois pure laine sont trop peu nombreux à cuisiner les fines herbes. « Non seulement les Québécois de souche ne cuisinent pas avec les herbes, mais ils ne cuisinent pas, point à la ligne, déplore-t-elle. Les émigrés, eux, s’intéressent à la popote et aux fines herbes et ils représentent, à mon sens, environ 95 % des acheteurs. »
Des fines herbes aux mini légumes
Souhaitant répondre à la demande de ses clients restaurateurs souvent inspirés de la France — un pays que Lorraine Nadon juge 15 ans en avance sur le Québec quant aux produits frais offerts —, l’entrepreneure se spécialise dorénavant dans la production de mini légumes, abandonnant tranquillement sa production de fines herbes.
La tête pleine de nouvelles idées, madame Nadon se concentre maintenant sur la production de petits et fort mignons légumes, dont des mini navets, mini zucchinis de couleurs variées, mini pâtissons et une foule d’autres encore. « Ces petits légumes poussent deux fois plus rapidement que les gros, ils regorgent de vitamines et ils sont plus faciles à apprêter puisqu’il ne suffit que de les laver, même pas besoin de les couper, avant de les cuisiner », explique la femme d’affaires. En tant que consommateurs, vous n’avez qu’à être attentifs à ce que l’on vous sert dans les grands restaurants… Vous verrez à quel point ces produits magnifiques sont de plus en plus présents et comment ils décorent à merveille les assiettes.
Infatigable, cette femme d’idées semble emprunter un chemin bien défini, qu’elle prend plaisir à tracer elle-même. Lorraine Nadon sait définitivement où elle s’en va ! « Je fais actuellement des tests avec un légume ancien, le topinambour. J’essaie de voir comment je peux le transformer. J’en cuisine une rémoulade pas piquée des vers… Commercialiser des produits transformés est à mon avis un moindre casse-tête qu’est celui de la production, où l’on doit faire, entre autres, avec la météo. En vieillissant, je cherche à me simplifier la vie », explique-t-elle.
Jongler avec des conditions difficiles
Pour les producteurs, est-ce toujours aussi difficile de jongler avec la météo? « Un brin, oui », répond-elle. En effet, comme tous les gens de son milieu, celle-ci doit accepter la dure réalité du climat québécois. Mais au-delà de la météo, elle affirme avoir d’autres ennemis en affaires : « Ce n’est pas facile de demeurer compétitif avec les producteurs provenant de pays où la main-d’œuvre est si peu chère. Ça fait toute la différence, vous savez », dit celle qui engage des étudiants le temps des récoltes pour lui donner un coup de pouce.
Une clientèle exigeante
Évidemment, les temps ont bien changé. « À l’époque, nos clients, à la Place desproducteurs située au Marché Central, se servaient à même le camion. Aujourd’hui, on reçoit par télécopieur, téléphone ou courriel des commandes que l’on prépare à l’avance. Nos clients, surtout des restaurateurs, des traiteurs et des propriétaires d’épiceries fines, sont toujours à la recherche de nouveaux produits pour impressionner leur propre clientèle. Néanmoins, la publicité que l’on fait ici et là et notre bonne réputation qui a fait son chemin attirent même des clients du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario », précise fièrement Lorraine Nadon.
Le succès dans la mire
« À l’époque, mes parents ont été qualifiés d’avant-gardistes, ne serait-ce que pour m’avoir laissée travailler au Marché Central à travers un milieu pratiquement exclusivement masculin. À mon tour, je pense aussi être visionnaire et d’avant-garde, essayant toujours, en surfant sur Internet par exemple, de trouver des nouvelles façons de faire, des nouvelles graines et des nouveaux produits pour éviter, par exemple, d’utiliser des insecticides tout en continuant de protéger au mieux mes récoltes. En agriculture, il faut accepter d’évoluer. Avec les nouveaux produits, on y va d’un apprentissage par essais et erreurs. On doit parfois se réorienter et changer notre façon de faire l’année suivante afin d’augmenter notre production. C’est pour toutes ces raisons que j’ai mon entreprise dans la tête 24 heures sur 24 », avoue-t-elle. Cette femme d’affaires essaie cependant de vivre une journée à la fois : « Autrement, je serais toujours stressée et ça, ce n’est pas bon pour ma santé ! », lance-t-elle.
Une passion qu’elle partage
« Non seulement il faut aimer faire pousser le produit, mais il faut aussi aimer le faire découvrir et le vendre. C’est entre autres pourquoi je donne plusieurs conférences dans différentes sociétés d’horticulture. J’aime faire goûter les nouveaux produits au monde et j’aime leur proposer de nouvelles recettes. » Selon la productrice, les jeunes d’aujourd’hui ne savent plus cuisiner, ce qui est sa plus grande déception. « J’ai encore du mal à comprendre que certaines familles se nourrissent quasi exclusivement de plats préparés alors qu’il y a tant de beaux et bons produits qui poussent au Québec et qui ne sont pas compliqués du tout à cuisiner. Mais, à la source, je pense qu’il faut mieux éduquer les commerçants de fruits et légumes pour que les consommateurs soient bien informés quant au choix qui s’offre à eux. Par exemple, manger un fruit pas assez mûr ou mal conservé, ça ne donne pas envie de revivre l’expérience. La saveur, c’est ce qui reste dans notre mémoire, c’est ce qui fait que l’on va ou non racheter le produit ultérieurement. »
Il ne reste plus qu’à souhaiter à cette productrice un bel été, à l’image de son travail et de sa persévérance. De nature positive, madame Nadon se garde le mot de la fin : « Croyez-moi, avec tout ce qui s’en vient, 2010 sera notre année », assure-t-elle, un sourire dans la voix.
Au diable les légumes parfaits !
La productrice Lorraine Nadon insiste sur le fait que les gens qui veulent se nourrir sainement devraient cesser de rechercher la perfection : « Si vous ne voulez pas trouver de traces de pesticides ou d’insecticides sur vos fruits et légumes, arrêtez de rechercher uniquement des feuilles impeccables et sans trou, ou encore, les légumes qui ont des formes parfaites. Même si mes produits ne sont pas certifiés biologiques, j’encourage le mouvement. Les gens doivent d’abord et avant tout comprendre ce que ça implique, au niveau visuel, de manger plus naturel. »
Les jardins de Stéphanie
Ça vous donne l’eau à la bouche, toute cette fraîcheur ? Que ceux et celles qui aimeraient découvrir les différents produits de Lorraine Nadon visitent le lien suivant : www.jardinsstephanie.com. Vous y trouverez, entre autres, les territoires desservis en ce qui a trait aux paniers de produits frais qui sont livrés dans les environs de St-Lin-Laurentides.
LE DÉSIR D’INNOVER
LE DÉSIR D’INNOVER
Les Fermes V. Forino et fils inc.
En montérégie, plus précisément à Saint-Patrice de Sherrington, une de nos belles régions de culture maraîchère du Qu [+] lire au complet
En montérégie, plus précisément à Saint-Patrice de Sherrington, une de nos belles régions de culture maraîchère du Québec, se trouvent les fermes de Vincent Forino depuis plus de 50 ans. Celui qui au départ cultivaient des radis et des carottes offre aujourd’hui un vaste éventail de produits. En fait, rares sont les producteurs qui offrent une si grande diversité.
Le grand voyage
Interpellé par le rêve américain, Vincent Forino quitte son Italie natale en 1952 pour faire le grand voyage vers le Québec. Arrivé avec 50 dollars en poche, il se met à travailler avec ardeur le jour comme le soir afin de réussir. C’est lorsqu’il déniche un emploi chez des producteurs maraîchers que la passion de l’agriculture le frappe de plein fouet. Il n’hésite donc pas en 1958 à acheter un premier lot de terre puis, suite à son mariage avec Maria Notaro, trois acres supplémentaires.
Aujourd’hui, ce n’est plus trois, mais 275 acres que les Fermes V. Forino et fils possèdent. Dans les champs, c’est la culture de laitues qui prime. De la verte, de la rouge, de la frisée, de la Boston, de la romaine, de l’escarole et de la chicorée, pour un total de 7 millions de laitues annuellement. À cela, s’ajoutent les céleris, les carottes, les radis, le chou chinois et la nappa. Tous les plants de laitues et de céleris sont semés dans leurs propres serres puis transplantés dans des champs dont la superficie sera utilisée jusqu’à trois fois durant l’été !
La nouvelle génération
Depuis 1995, l’entreprise familiale est dirigée par trois des neuf enfants du couple. Carmen s’occupe des ventes, de la mise en marché et de l’assurance qualité. De son côté, Joseph s’occupe des sols, des cultures et de l’innovation. Finalement, Denis est en charge de la main d’œuvre, de la logistique et des exportations. « Dans la vingtaine, nous avons dû relever de nombreux défis avec énergie pour prendre les rennes de cette entreprise que nous voyions pleine de potentiels » explique avec passion Carmen Forino. En effet, posséder une ferme maraîchère, c’est bien plus que de savoir planter une laitue, puis de l’arroser.
C’est un travail acharné qui demande de l’ingénierie, de la mécanique, de l’administration, du marketing, de l’agronomie et une bonne dose de leadership. Au sein d’une entreprise familiale, chaque enfant a ses forces et ses compétences distinctes, il aura suffit de mettre tous les morceaux en place pour avoir une formule gagnante.
Mais n’allez surtout pas croire que le père à pris sa retraite. Malgré ses 76 ans, il n’est jamais bien loin, à conduire un tracteur ou à diriger un employé. D’ailleurs, pas moins de 50 employés sont nécessaires au bon fonctionnement de la ferme pendant la saison forte. Parmi ceux-ci, 34 sont originaires du Guatemala ou du Mexique et sont logés par les Fermes V. Forino durant tout l’été. « Heureusement l’italien et le français s’apparentent à l’espagnol, donc ça n’a pas été trop difficile d’apprendre à communiquer et faire des blagues » commente Carmen Forino.
L’innovation au cœur des priorités
Pour les Fermes V. Forino, l’innovation prend depuis toujours une place très importante. Vincent et ses enfants ont été des pionniers à plusieurs niveaux dans ce domaine. De la pratique du drainage des terres noires pour les sols trop humides à l’implantation de systèmes d’irrigation pour les temps trop secs, en passant par la construction de plusieurs serres, aucun effort n’est trop grand quand vient le temps d’améliorer les installations de la ferme. C’est pourquoi dans les années 70, plusieurs nouveautés ont fait leur entrée afin d’assurer une qualité de production maximale. Ont suivi par la suite, la construction d’entrepôts réfrigérés, puis l’acquisition d’un refroidisseur sous vide qui permet de refroidir la laitue plus rapidement pour en assurer la fraîcheur.
La machinerie demande elle aussi son lot de nouvelles technologies. « Sur une ferme maraîchère, l’innovation de la machinerie est continue. Certaines machines doivent être adaptées, pour une culture précise ou une terre différente. « La recherche et le développement, ça existe aussi dans un garage à la campagne ! » se plaît à clâmer Carmen. Il faut comprendre que la technologie facilite grandement le travail. Par exemple, l’acquisition d’un GPS intégré à un tracteur fait en sorte que ce dernier se conduit pratiquement tout seul et trace des sillons bien droits. Mais la plus belle réalisation de la famille Forino est sans aucun doute la conception d’une machine qui coupe et lave les céleris et les emballe directement au champ. Difficile d’avoir plus frais que ça !
Une conscience sociale et environnementale
La générosité est une valeur qui caractérise bien les Forino, toujours prêts à contribuer à de bonnes causes. L’an dernier, ils se sont impliqués activement dans la « Campagne contre la faim » en offrant gîte et nourriture aux bénévoles de la Montérégie. Tout ceci a contribué à amasser plusieurs tonnes de denrées pour les habitants les plus démunis des régions rurales, malheureusement trop souvent oubliés.
Leur implication se poursuit également sur le plan environnemental. Conscient de l’impact de leurs actions, ils collaborent présentement avec des agronomes dans le but d’apporter des modifications à leurs méthodes de travail afin d’assurer une culture de qualité et d’offrir à la terre les outils nécessaires pour qu’elle retrouve elle-même son équilibre. Ils expérimentent présentement à cet effet l’ajout d’un produit biologique qui favoriserait l’oxygénation des sols, stimulerait la vitalité des cultures et le développement des défenses naturelles. Tout ceci bien sûr dans l’optique de réduire l’utilisation de produits chimiques.
Au-delà de la culture
Aujourd’hui, les Fermes V. Forino et fils, sont bien plus que des producteurs, ils sont aussi des ambassadeurs de nos récoltes québécoises. L’entreprise Forino, qui offre les marques FVF, Classic Garden, Royal et Forino Produce, se consacre aussi à l’exportation de légumes vers les États-Unis et ce en s’approvisionnant également chez d’autres producteurs afin d’offrir la gamme de produits la plus variée possible. Une autre belle façon de faire rayonner notre beau Québec à l’étranger.
Une histoire à succès
Une histoire à succès
Les Cultures de chez nous
Au cœur du Québec, dans le beau village de Sainte-Brigitte-des-Saults situé à 24 kilomètres de Drummondville, M [+] lire au complet
Au cœur du Québec, dans le beau village de Sainte-Brigitte-des-Saults situé à 24 kilomètres de Drummondville, Michelle Rajotte et Louis-Marie Jutras dirigent depuis plus de 26 ans Les Cultures de chez nous. L’entreprise familiale qui affiche un chiffre d’affaires annuel de 3 millions est aujourd’hui devenu le plus grand producteur de poireaux au Québec.
Le grand retour
Interpellés par l’attrait de la nature et le désir d’élever une famille à la campagne, rien ne prédestinait pourtant Michelle Rajotte et son époux Louis-Marie Jutras à devenir entrepreneurs lorsqu’ils firent leur retour à la terre en 1978. Respectivement secrétaire et cartographe, les agriculteurs de fin de semaine, engagés dans la production d’ail et d’asperges, fondent pourtant trois ans plus tard Les Cultures de chez nous et se porte du même coup acquéreur de nouvelles terres pour cultiver leur passion.
Aujourd’hui, l’entreprise produit et commercialise poireaux, asperges, fraises, framboises, soya, maïs, céréales et ajoutera cette année la culture de bleuets à sa production. Les Cultures de chez nous exploite 600 acres de terre et compte une vingtaine d’employés à temps plein, auxquels se greffent une trentaine d’employés supplémentaires dans les temps forts de la belle saison.
Innovation et mise en marché
Les Cultures de chez nous est un chef de file québécois dans la culture et la commercialisation du poireau. L’entreprise y consacre 85 acres de terre, ce qui représente une production annuelle d’environ trois millions de plants de poireaux. Se spécialisant dans les poireaux tranchés et le poireau européen, la maison importe le légume d’Europe pendant les mois d’hiver pour assurer un approvisionnement continu tout au long de l’année.
Michelle Rajotte estime essentiel pour l’entreprise de poursuivre ses efforts pour promouvoir la consommation du produit. « Nous avons beaucoup investi dans la commercialisation du poireau depuis 2000. Nous essayons d’intégrer un nouvel aliment dans les habitudes alimentaires des Québécois. Notre poireau tranché gagne en popularité parce qu’il permet de bénéficier de la saveur unique du poireau frais sans avoir à le nettoyer et le préparer. » Bien qu’il demeure encore méconnu de plusieurs, le poireau taille lentement mais sûrement sa place, notamment dans les recettes de nos plus grands chefs et les différentes recettes qui paraissent dans les magazines.
Une entreprise de pointe
L’entreprise a choisi de conserver le contrôle sur l’ensemble de la chaîne de production en optant pour une gestion intégrée, du champ à la commercialisation. Les Cultures de chez nous dispose ainsi maintenant d’une infrastructure complète pour la préparation, l’ensachage et l’emballage de ses produits. Elle a notamment acquis une expertise dans l’emballage d’asperges, une première au Québec ! Grâce au regroupement de12 producteurs québécois, Les Cultures de chez nous emballera et commercialisera 350 000 livres d’asperges, et ce, au cours de l’année seulement ! 80 % de cette production sera d’ailleurs emballée ce printemps. L’emballage permet non seulement une meilleure conservation des asperges mais également une meilleure salubrité et identification du produit.
Elle compte également sur une équipe de collaborateurs expérimentés pour le développement de ses outils et stratégies de communication.
Une agriculture durable
Consciente de l’importance de préserver l’intégrité des sols et de contribuer à la sauvegarde de l’environnement Michelle Rajotte favorise une approche globale pour réduire l’utilisation de produits chimiques : « Nous avons opté pour la lutte intégrée, une méthode qui respecte l’environnement et l’équilibre des sols. Nous minimisons l’emploi des engrais et des insecticides. Nous privilégions également l’épandage de compost provenant de résidus de cultures et de fumier ce qui confère à nos terres leur très grande richesse en matières organiques. » Elle précise que la gestion responsable de la terre permet non seulement d’augmenter la qualité des produits mais aussi de garantir une agriculture durable pour les générations à venir.
Défis et motivation
Desservant principalement les chaînes alimentaires, les hôtels, la restauration et les transformateurs qui font du prêt-à-manger, Les Cultures de chez nous est actuellement courtisée par d’autres marchés. La femme d’affaires et porte-parole de l’entreprise précise que des pourparlers sont présentement en cours et pourraient éventuellement déboucher sur des ententes notamment avec le marché de l’Atlantique canadien et celui de la Californie.
Les raisons du succès de l’entreprise? C’est d’abord la passion de l’agriculture et le goût de relever de nouveaux défis, de préciser Louis-Marie Jutras. « Nous aimons tous les deux faire avancer les choses et nous carburons aux défis. Nous avons la chance d’évoluer dans un environnement qu’on a choisi et surtout de vivre tous les jours notre passion pour l’agriculture. »
Malgré le bon positionnement que prend actuellement le poireau dans le marché, l’entreprise compte poursuivre ses efforts de commercialisation afin de bien faire connaître le produit auprès des consommateurs. « Il reste encore beaucoup à faire pour que nos produits atteignent leur pleine notoriété. C’est un objectif que nous comptons atteindre d’ici quelques années, lentement, mais sûrement », souligne M. Jutras.
L’héritage
Heureux de la progression constante que connaît leur entreprise, le couple peut également compter sur ses trois enfants pour prendre la relève des opérations et en assurer la pérennité. L’aînée Valérie, 25 ans, est déjà associée de l’entreprise, alors qu’Alexis et Antoine tous deux étudiants en agriculture s’apprêtent également à occuper des fonctions au sein de l’équipe. « Nous sommes heureux de transférer nos connaissances et notre expérience à nos enfants. Cela constitue le plus beau des héritages.»
Cultiver sa passion
Cultiver sa passion
Les Gestions Chou-Bec
De la commercialisation de la courge à la production d'un produit unique en Amérique du Nord, André Lauzon et Sylvie [+] lire au complet
De la commercialisation de la courge à la production d’un produit unique en Amérique du Nord, André Lauzon et Sylvie D’Amours n’ont certes pas eu peur de relever le défi qu’ils poursuivent depuis longtemps, celui d’aller au bout de leurs rêves !
Il est tombé dedans quand il était encore tout petit… On pourrait même dire, sans trop se tromper qu’il est presque né dans une feuille de chou ! Eh oui, pour André Lauzon, président des Gestions Chou-Bec, la culture du chou c’est une histoire de famille. Son père, son grand-père et ses arrière-grands-pères ayant, bien avant lui, cultivé cette passion pour ce digne représentant de la famille des crucifères. Au cœur du village de Saint-Joseph-du-Lac, dans la région de Deux-Montagnes, il poursuit avec son épouse Sylvie D’Amours et leurs deux filles, la tradition avec toute la détermination qu’impose les réalités de la culture maraîchère d’aujourd’hui.
Propriétaire de la ferme paternelle depuis 1994, après avoir été producteur de pommes et de légumes pendant un court moment, le couple, sans délaisser la culture du chou, choisi de diversifier sa production et de se lancer dans la culture des cucurbitacées. Une aventure qui a permis de découvrir le potentiel encore insoupçonné du marché de la courge et surtout de susciter l’engouement du consommateur pour ce fruit, encore méconnu et sous-utilisé par plusieurs, comme l’explique Sylvie D’Amours. « Nous envisagions une mise en marché avec le plus de variétés de courges possible. Le potentiel pour la commercialisation de la courge était là. Il s’agissait d’un produit qui se distinguait des autres, mais il nous fallait acquérir une meilleure connaissance de ce légume et surtout pouvoir transmettre aux consommateurs le goût de le servir sur les tables du Québec. »
L’initiative
Pour mettre en œuvre leur nouveau projet, les Lauzon ont dû créer l’offre et susciter la demande en même temps. Ces produits se vendaient bien aux États-Unis et en Ontario, mais n’arrivaient pas à conquérir le marché québécois. Les chaînes d’alimentation hésitaient à vendre ce nouveau produit, encore inconnu des consommateurs. En août 1999, après plusieurs tentatives de transfert d’information et de promotion de la courge auprès des grossistes en alimentation, les dirigeants de Chou-Bec décident de mettre sur pied le Centre d’interprétation de la courge du Québec. Cette initiative est vite devenue le moteur pour la commercialisation de leurs nouveaux produits. D’entreprise typiquement agricole, Les Gestions Chou-Bec devient alors un concept agro-touristique tout à fait unique, qui leur permet de continuer aussi d’œuvrer à la ferme, tout en faisant de l’éducation populaire.
La première démarche fut entreprise auprès des écoles du secteur avoisinant. Au menu de la journée : la visite du musée suivie d’une collation à base de courges et par la présentation d’un spectacle démystifiant le fameux légume. Le succès est instantané. Les parents ont vite fait de venir eux aussi visiter la ferme. Pour plusieurs visiteurs, cette expérience s’inscrit aussi dans une démarche de découverte du milieu agricole, du contact avec la terre. Les résultats s’affichent au-delà des espérances. En moins de 3 ans, l’affluence est passée de 2 000 à 10 000 enfants par année. Si la courge est aujourd’hui une denrée beaucoup plus connue et appréciée des Québécois, le travail de sensibilisation des Lauzon en est sûrement imputable pour une grande part. Le succès du Centre d’interprétation de la courge du Québec a provoqué une demande pour les cucurbitacées qui s’est fait sentir jusque dans les fruiteries et les épiceries de la région, et même ailleurs au Québec. Sylvie D’Amours et André Lauzon ont gagné leur pari. Mission accomplie !
La courge dans tous ses états…
Dans le but de poursuivre leur travail pédagogique et de répondre aux besoins des consommateurs, les proprios de Chou-Bec nous proposent aujourd’hui, Madame de la Courge, un tout nouveau bouquin sur l’histoire et tous les secrets que recèle le cucurbitacée. Ils y dévoilent des trucs utiles sur l’achat de la courge, sa conservation et bien sûr, une foule de recettes toutes aussi exquises les unes des autres. On y apprend que les courges, bien qu’utilisées couramment comme « légume », sont des fruits, qu’on peut consommer crus ou cuits. Crus, on les mange en trempettes, en entrées, en salades ; on peut aussi les mariner. Râpées et mélangées à de la farine, des œufs et des assaisonnements, les courges font d’excellentes crêpes.
Chou un jour, chou toujours !
Entre-temps, loin de délaisser la culture du chou, Chou-Bec se spécialise désormais aussi dans la transformation du chou rouge en colorant alimentaire et casher, un produit unique en Amérique du Nord. Le chou vert n’est plus très rentable depuis quelques années pour bon nombre de producteurs du Québec, comme l’explique André Lauzon. Cet ambassadeur
de la courge a troqué la culture du chou vert pour celle du chou rouge et y consacre depuis 1999, une bonne partie de ses 30 hectares de terre cultivable. Il s’agit d’un virage obligé pour l’entreprise qui transforme aujourd’hui plus de 500 000 tonnes de chou rouge, par année. L’usine de transformation située à St-Hubert, produit plus d’un million 500 000 litres de colorant. Ce produit entièrement naturel est en grande partie exporté aux États-Unis pour la fabrication de confitures. Le colorant est également présent dans les crèmes glacées, les yogourts et les confiseries.
Encore plus d’informations ?
Visitez le site Internet du Centre d’interprétation de la courge du Québec à l’adresse suivante : www.courge-quebec.com
La Provence à Saint-Mathieu-de-Belœil: Du rêve à la réalité
La Provence à Saint-Mathieu-de-Belœil: Du rêve à la réalité
Marvini, Les fines herbes de chez nous inc.
En 1981, Gérard Trudeau, son épouse Françoise et leurs deux fils Martin et Vincent commencent la production de fines [+] lire au complet
En 1981, Gérard Trudeau, son épouse Françoise et leurs deux fils Martin et Vincent commencent la production de fines herbes dans la ferme familiale à Saint-Mathieu-de-Belœil. L’entreprise Les Fines Herbes de Chez Nous Inc. est née, résultat de nombreux voyages effectués en Italie, en Belgique et en France. En effet, au cours des années 1970, M. Trudeau, jeune comptable agréé, alors président de la Société d’exportation de bovins laitiers, a la chance de visiter à plusieurs reprises Gênes en Italie, royaume du basilic, ainsi que La Provence et Milly-la-Forêt en France.
La terre paternelle
Stimulé par un puissant coup de foudre pour les fines herbes, M. Trudeau achète la terre de son père, au cours de l’été 1976, dans le but de la convertir pour la production d’herbes aromatiques. Au début de 1980, il étudie donc les techniques de production au prestigieux Institut technique interprofessionnel des plantes à parfum, médicinales et aromatiques (ITEIPMAI).
Afin de pouvoir y concentrer toutes ses énergies, il met fin à sa carrière à la haute direction de la fonction publique et devient le tout premier producteur commercial d’herbes aromatiques en Amérique du Nord.
Pendant les premières années, il travaille avec acharnement à sensibiliser es médias à l’importance des fines herbes. Il établit des contacts avec les représentants de supermarchés, de fruiteries ainsi que de restaurants et, peu à peu, ses produits sont reconnus.
Un succès instantané
Les Fines Herbes de Chez Nous Inc. connaît un tel succès que l’offre saisonnière des quelques premières années ne répond plus à la demande: en 1983, les supermarchés québécois exigent des fines herbes en magasin durant toute l’année.
Fort de l’enseignement reçu des producteurs génois et de l’ITEIPMAI qui veut que, pour obtenir une saveur optimale et la fixation des huiles essentielles aux feuilles, les fines herbes doivent nécessairement pousser en terre et bénéficier d’un puissant ensoleillement et d’une grande quantité de chaleur, M. Trudeau se tourne vers la République Dominicaine. Comme ce pays bénéficie de conditions climatiques parfaitement adaptées à ce type de culture, l’entreprise y acquiert trois grands sites et y entreprend sa production hivernale.
Un peu d’histoire
La culture des herbes aromatiques nous reporte des siècles en arrière, à l’époque où les peuples égyptiens et méditerranéens les utilisaient pour cuisiner ou pour rendre grâce aux dieux. «On utilisait le basilic dans les maisons comme porte-bonheur, nous informe M. Trudeau, et je me suis laissé dire que certaines femmes attiraient même les hommes à la maison grâce à son délicieux arôme.»
De nos jours, nous parfumons nos meilleurs plats avec ces plantes si précieuses, nous avons développé l’aromathérapie et, de plus, nous en avons découvert les vertus médicinales. Il s’agit d’un retour vers le passé, une redécouverte des connaissances des temps anciens qui avaient rendu de nombreux services
à ces générations passées.
Une culture écologique
Toutefois, la culture des herbes nécessite un travail manuel important, qu’il s’agisse des semis en caissettes, du bouturage, de la transplantation en champ et de la cueillette. Même le désherbage est fait à la main, car l’entreprise ne fait pas usage d’herbicides. «Nous évitons l’utilisation de pesticides en nous préoccupant de maintenir les plants en excellente santé grâce à une fertilisation appropriée et un dosage équilibré. De cette façon, la plante se protège elle-même des insectes». Il s’agit donc d’une culture très écologique et très délicate qui requiert beaucoup de main-d’œuvre. Offrir ces herbes aromatiques à un prix très abordable tient de la prouesse administrative.
Pour cela, toute la famille s’implique. Françoise à l’administration, Vincent et Martin à la production et au marketing. Gérard, de son côté, fait la navette entre les différents sites de production afin de faire le suivi des opérations. Pour une meilleure visibilité sur les marchés américain et européen, on modifie le nom original Les Fines Herbes de Chez Nous Inc. qui devient Marvini, un acronyme formé des prénoms des fils Martin et Vincent, le «i» final est mis pour international.
Marvini
Au Québec, Marvini cultive 8 360 mètres carrés (90 000 pieds carrés) en serre et 60 hectars (150 acres) de champs. Elle compte plus de 50 employés permanents et une trentaine d’employés mexicains saisonniers. En République Dominicaine, Marvini est propriétaire de 55 740 mètres carrés (600 000 pieds carrés) en serre et de 60 hectars (150 acres) de champs. 150 employés dont 3 agronomes y composent le personnel.
Pour Marvini, la traçabilité du produit est très importante et chaque petit lot de production est identifié, permettant ainsi aux agronomes de connaître très rapidement le traitement accordé à chacun.
Le processus d’acheminement des produits de la République Dominicaine au centre d’emballage du Québec est efficace et très rapide. À titre d’exemple, on cueille les herbes tôt le matin et, pour un maximum de fraîcheur, cinq minutes plus tard, elles sont refroidies en accéléré, emballées à basse température, puis placées dans des camions réfrigérés et acheminées rapidement à l’aéroport. Dès le lendemain matin, elles sont dans les entrepôts de Belœil, toujours en conservant la chaîne de froid.
L’entreprise mise sur la recherche et continue de perfectionner la mécanisation de son processus d’emballage, de façon à répondre rapidement aux besoins de plus en plus pressants de sa clientèle. Ces dernières années, elle fait face à une rude concurrence venant d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et du Mexique. Le défi est grand, et Marvini met tout en œuvre pour affronter la baisse des prix et la volatilité des marchés engendrées par la consolidation de nombreux réseaux de distribution.
Des pionniers
« Chez Marvini, nous confie Gérard Trudeau, nous sommes fiers d’être les pionniers nord-américains de la production de fines herbes et de continuer à offrir aux consommateurs une qualité constante tout au long de l’année. Les herbes aromatiques, c’est pour nous une histoire de famille et de passion! »
